Stéfanie, 22 ans, cyclotouriste

Voyages cyclotouristes à la découverte du Monde

Visite de Kilkenny

Aujourd'hui nous avons visité le château, l'abbaye et la ville de Kilkenny. Le château était très beau, il a appartenu à une famille très riche et très puissante : les Butler.
Ils étaient les « grands sommeliers du Roi » de génération en génération. C'est à dire qu'ils servaient une coupe de vin aux couronnement tous les 50 ans et le reste du temps ils se la coulaient douce en percevant des taxes sur tous les vins qui entraient en Irlande ! Nous avons vu la causeuse des fiancés, appris l'étymologie de l'expression « perdre la face » (les femmes autrefois avaient comme « fond de teint » une sorte de cire qui recouvrait leur visage, pour avoir l'air d'avoir la peau très blanche, ce qui était signe de richesse à l'opposé de la peau bronzée par le soleil des paysans. Seulement, en hiver, les dames avaient froid et donc se mettaient près de la cheminée pour se réchauffer. Mais elles faisaient bien attention de se protéger le visage de la chaleur en mettant des panneaux en bois contre leur visage et en se mettant dos au feu dans leur fauteuil. Il n'aurait pas falluqu'elles aient la honte de leur vie en perdant la face devant les autres, au sens littéral (la cire coule, leur visage se défait). Ce qui a donné le sens figuré qui veut dire se ridiculiser !).
Nous y avons également vu une des plus grande galeries d'Irlande (la plus grande étant celle du Trinity College à Dublin), une exposition d'art moderne étrange sur le lancé de cailloux et le gribouillage (!), des passages souterrains, des portes cachées et des escaliers pour que les serviteurs ne croisent jamais les nobles.
Suite à l'attaque de Cromwell, un pan entier du château a été détruit. Comme il n'a pas été reconstruit, on peut voir le jardin qui s'étend à perte de vue. Quand il fait beau (ce qui n'est pas gagné ce mois de juillet !), tout ce qu'on peut voir jusqu'aux collines au loin appartenait à la famille Butler ! Nous avons également vu une belle table funéraire en marbre, qui n'a pas été vendue lorsque la famille a laissé le château car elle était trop lourde pour être déplacée ! Les lits de l'époque étaient trèscourts car les gens n'osaient pas dormir complètement allongés de peur de ne jamais se réveiller. Par contre, ils étaient beaucoup plus en hauteur que les nôtres car il fallait à l'époque s'éloigner le plus possible du sol où les courants d'air glacés se propageaient. Lors de la venue du Roi chez les Butler, ceux-ci ont fait installer les toilettes, l'eau courante et le chauffage (ce qui est très rare pour l'époque) ! Dans les chambres, le mur était repeint à chaque fois que les meubles ou les tissus changeaient, pour être toujours en harmonie avec les draps ou les rideaux !
Un escalier d'inspiration Maure dont les marches avaient intentionnellement une petite pente dans le sens de la descente devait donner l'impression que les dames de l'époque flottaient lors de leur déplacement. Le toit était en forme de coque de bateau renversée, une architecture que nous avons souvent rencontré dans les édifices anciens et les églises et cathédrales.

Dans un salon aux teintures jaunes, nous avons pu voir la différence entre le verre des vitres tel qu'il était à l'époque, irrégulier : cela ce voit dans ses reflets, et les vitres récentes qui sont planes et renvoient une image quasiment comme un miroir. C'est ici que les dames conservaient leur boîte à thé, boîte en bois massive et compartimentée pour accueillir les différents types de thé qu'elles recevaient. Cette boîte était conservée dans le salon à cause de la valeur du thé mais aussi pour permettre à une dame recevant ses amies de préparer soi-même sa décoction personnelle à base des thés qu'elle possédait : chacune avait sa propre recette.
Le dernier Butler propriétaire du château l'a vendu pour 50 livres seulement à la ville, car il considérait qu'elle serait la plus apte à le conserver et à l'entretenir.

Pendant notre ballade à pieds dans la ville durant l'après midi, nous avons vu la St Canice Cathedrale qui est superbe avec à ses pieds un cimetière aux stèles de pierres penchées et presque tordues.
A l'intérieur, elle paraît plus grande que vue de l'extérieur, et on peut voir des vitraux remarquables, colorés et dédicacés sur les vitraux eux-mêmes aux riches donateurs qui ont permis leur achat. La plupart des objets de la cathédrale et des édifices religieux irlandais sont ainsi, d'ailleurs les Irlandais font payer leur entrée car les financements sont exclusivement privés contrairement à la France. C'est aussi ici qu'on trouve les tombeaux des Butlers ayant vécu au château. Nous y avons également appris que la ville de Kilkenny tire son nom de Sainte Canice, les années et les prononciations locales ayant déformé ce nom.
Les vins vendus en Irlande ne sont pas des vins français pour la grande majorité et sont sélectionnés en partie sur leurs emballages. Le Dunnes Store est divisé en deux parties, une de nourriture et une de vêtements. Dans la partie nourriture, on trouve énormément de plats en sauce tout préparés, de mélanges attirants, de smoothies (mélanges de purs jus de fruits). Certains produits étaient en revanche moins présents qu'en France : il y avait peu de produits laitiers, pas de jambon véritable et les pâtes, le riz et le couscous, base de l'alimentation de tout étudiant français, étaient difficiles à trouver et chers. La marque « Cuisine de France » est présente dans tout le pays et distribue du pain et des baguettes, livré congelé tous les matins dans les magasins, ainsi que des pâtisseries dont certaines sont introuvables en France !